Les élus et services du Département de l'Aude et de la ville de Bram, ainsi que les archéologues du cabinet Archeodunum, étaient réunis fin juillet à Bram pour faire le point sur l'avancée du projet de "voie de contournement Nord-Est" de la commune.

Pour rappel, le département de l'Aude est maître d'ouvrage pour la réalisation de cette "rocade" qui reliera la voie Romaine à la route de Saissac. Le chantier consiste donc à la création d'un giratoire entre le chemin de Buzerens et la voie Romaine ; l'élargissement du passage à niveau, passant de 6 m de large actuellement à 6,50 m ; le renforcement et élargissement du chemin de Buzerens ; la création d'une voie nouvelle d'une longueur de 1,16 km (du chemin de Buzerens jusqu'à la route de Saissac), avec une chaussée de 6,50 m de large, longée par une piste multifonctions de 3 m ; la création d'un tourne-à-gauche sur la voie nouvelle pour accéder à la rue des Fleurs ; et la réalisation d'un giratoire pour raccorder la voie nouvelle et la route de Saissac entre le domaine de Bordeneuve et le pont du canal.

Les fouilles archéologiques, stoppées en novembre dernier suite aux intempéries, ont repris ces derniers jours. Prochaines étapes : l'enquête publique - programmée pour l'automne 2015 - et le lancement du chantier - qui devrait pouvoir démarrer dès 2016.

Retrouvez ci-après, le compte-rendu réalisé par le cabinet d'archéologie Archeodunum suite à la reprise des travaux de fouilles :

Après deux jours de remise en état du chantier durant la semaine 30, la fouille de la parcelle Magasins a repris le 27 juillet 2015.

Le fossé principal mis au jour et sondé lors de la tranche 1 a été intégralement vidé à la mini-pelle suivie par deux archéologues, afin de collecter le maximum de mobilier. Il n’a livré aucun aménagement particulier. Le mobilier reste particulièrement rare et peu représentatif de ce que l’on peut attendre des reliefs d’occupation d’un enclos républicain à proximité immédiate de la voie d’Aquitaine.

Le secteur de concentration de mobilier à l’intérieur de l’enclos a fait l’objet d’un nettoyage fin dans le but de reconnaître d’éventuelles structures de piégeage. La recherche s’est toutefois avérée infructueuse du fait de l’homogénéité du sédiment. Cet épandage de mobilier ne peut pas correspondre au niveau de circulation contemporain de l’enclos, il peut donc s’agir de fonds de structures en creux ou bien d’un piégeage au sein d’une large dépression. Une série de tranchées seront réalisées à la pelle mécanique afin de tenter d’identifier d’éventuels creusements en coupe.

Le terrassement de la tranche 2 (déterminée par une modification des plans d’aménagement) s’est déroulé en parallèle de l’achèvement de la fouille de la tranche 1.Il a  permis de mettre au jour la jonction entre le fossé d’enclos et le supposé exutoire (le levé topographique ne pourra être réalisé que dans le courant de la semaine prochaine).Si les deux fossés se rejoignent bien, confirmant leur contemporanéité, la surprise vient du fait que c’est le fossé d’enclos qui vient se connecter au fossé et non l’inverse. Le fossé, rectiligne sur sa partie dégagée lors de la tranche 1, amorce un angle quasiment droit vers le nord tandis que le fossé vient se connecter sur la branche sud du fossé. A l’issue du terrassement, les hypothèses interprétatives sont donc largement modifiées: le fossé semble marquer la limite méridionale d’un enclos quadrangulaire, probablement le véritable enclos d’habitat si l’on se fie à la quantité apparemment supérieure de mobilier qu’il recèle, tandis que le fossé semble plutôt correspondre à un enclos annexe, connecté à l’enclos principal. La fonction annexe de l’enclos (espace dédié au parcage des animaux ou à une mise en culture par exemple) pourrait expliquer la rareté du mobilier mis au jour dans ses fossés. Notons que le nouvel enclos marqué par le fossé se situe en limite nord-occidentale de l’emprise de fouilles et que la très faible surface disponible n’a pas livré de structuration interne.

Le terrassement de la tranche 2 a en outre mis au jour un nouveau fossé orienté est-ouest, antérieur aux fossés républicains qui le recoupent. Le mobilier collecté lors du décapage semble caractériser une occupation laténienne. Quelques potentiels trous de poteaux pourraient marquer la présence d’un espace bâti au sein de l’enclos.

Enfin, au sud de l’emprise de la tranche 1, le terrassement s’est limité à suivre le fossé d’enclos quadrangulaire (antique ou moderne). Il se poursuit en ligne droite sur un peu moins de 10 mètres.