Plusieurs centaines de bramais se sont réunies ce soir devant la Mairie pour rendre hommages aux victimes de l’attaque perpétrée à Nice le 14 juillet 2016 et pour dire NON à la terreur et à l’obscurantisme lors d’un grand rassemblement républicain et une marche silencieuse à travers la ville.
 
Retrouvez ci-après le discours prononcé à cette occasion par Claudie Méjean :
 
"Ce soir nous avions tous à l’idée que Bram devait être une fête. Elle allait être belle, joyeuse, colorée, enjouée. Et finalement, nous voici une fois de plus, une fois de trop, rassemblés ici, sur le perron de la mairie, pour dire notre effroi. Bram ne sera pas une fête ce soir. Mais Bram sera solidaire, Bram sera la République. Une et indivisible.
 
Nous allons dans un moment défiler parce que le 14 juillet est notre fête nationale. C’est la date à laquelle nous célébrons les valeurs de la République qui nous rassemblent, au premier rang desquelles figurent celles héritées de la Révolution que nous commémorons aujourd'hui : la Liberté, l'Égalité et la Fraternité, sans oublier la Laïcité, au service de ces valeurs.
 
Nous sommes nombreux ce soir, rassemblés autour de nos couleurs, au son de la Marseillaise que nous entonnerons au monument aux morts tout à l’heure, plus fort que jamais. Rassemblés non pas pour célébrer une France uniforme et monochrome, peuplée d'identiques, mais une France fière de ses différences, aussi nombreuses que ses paysages et de ce sentiment commun d'appartenir à un peuple uni et une Nation forte. Une République qui rassemble.
 
Bien sur la peur est légitime face à ce traumatisme de la répétition de l’horreur. Dans l’événement même est inscrite la possibilité de son recommencement. « Ne pas céder à la peur » ne signifie pas ne pas l’éprouver mais ne pas la laisser prendre possession de nous. La violence terroriste brise notre confiance naturelle dans les transports que nous empruntons, les espaces que nous traversons, les êtres que nous croisons. Briser cette confiance est l’arme la plus redoutable des terroristes. Chacun doit essayer de conserver cette confiance et par là même ne pas « céder à la peur » comme un acte de résistance. Ce que les terroristes attaquent, ce contre quoi ils se déchaînent, ce ne sont pas seulement des vies singulières, c’est la vie elle-même.
 
Ce soir notre ville est d’autant plus triste car elle pleure des siens. Gisèle et Germain LYON ainsi que 4 membres de leur famille, font partie des malheureuses victimes de cet acte barbare. Nous pleurons ce soir ces innocents venus passer une soirée en famille et se retrouvant face à la folie meurtrière de cet homme. Nos pensées émues vont vers eux et leur famille. Nous allons tout à l’heure marcher en silence en leur mémoire.
 
Fuir la haine.
 
Laisser couler nos larmes et s’épancher notre douleur.
 
Vivre. Pour ne pas ressembler à ceux qui, ce 14 juillet ont brusquement éteint les étoiles dans le ciel et la joie dans nos cœurs.
 
Ne pas retenir notre douleur parce que nous croyons, nous savons que le deuil unit les hommes mieux que le martyre.
 
Notre tristesse est sans fin mais face à la barbarie des hommes nos armes seront plus nombreuses que les leurs.
 
Notre amour de la vie doit vaincre la passion de la mort."
 
Claudie Méjean, Maire