La ville de Bram n'a pas attendu 2014 pour occuper la maison de maître au coeur du domaine.

Ainsi, depuis 2004, plusieurs événements ont "squatté" ces lieux emblématiques, exploitant - abusant même - d'un espace encore "dans son jus", tel qu'il a été reçu par la municipalité lors du legs.

Anciennes tapisseries et tissus muraux, cheminées, coins obscurs et recoins cachés, fenêtres au vent, vieux mobilier abandonné ont ainsi servi de cadre à des créations, des expos, ont inspiré les jeunes bramais ou les artistes qui sont tombés sous le charme.

Revue de détail de la maison des Essars avant les essar[t]s ...

résidences et art contemporain

Les premiers à occuper les lieux furent les élèves et professeurs de l'école nationale supérieure des arts de Paris-Cergy (ENSAPC).

Formant des étudiants de niveau bac+3 ou bac+5, cet établissement qui dépend du ministère en charge de la culture intégre dans ses cursus des projets extérieurs.

C'est dans ce cadre que plusieurs résidences se sont tenues à la maison des Essars à partir de 2007 grâce à une collaboration entre l'ENSAPC, l'association "le rideau vert" et la ville de Bram. Des conditions plus que "spartiates" pour ces artistes en herbe par ailleurs hébergés au centre de Besplas, mais qui semblent avoir aiguisé leur créativité.

2008 et 2009 sont les points culminants de ce projet avec "hier, c'était demain" et "année zéro, année rézo", deux résidences particulièrement originales qu'ont pu visiter ensuite les bramais et qui restent dans les mémoires comme une curiosité et un premier contact avec l'art contemporain et la création au sein même des Essars.

la journée de la Femme avec Sylvie Romieu

C'est en fait la première commande de la ville de Bram à un artiste pour la réalisation d'un projet photographique.

Début 2012 et alors que l'expo Willy Ronis bat son plein à Ebvromagvs, Claudie Méjean souhaitait mettre à l'honneur les femmes de Bram à l'occasion de la "journée de la Femme".

Des femmes qui vivent à Bram et qui « vivent! Bram » avec passion, talent, dévouement, ou plus simplement aiment leur ville et veulent en témoigner. Parmi elles figurait bien sûr Monique de Guillebert des Essars.

"vivre! femme à Bram" est le nom de ce projet photo avec un double "objectif" :

- initier à la photo des jeunes bramais de 12 à 17 ans par des ateliers organisés avec le Graph-CMI et mettant en avant ces "femmes de Bram" avec, pour point d'orgue, une exposition inédite sur bâches dans les rues de la ville,

- inviter une artiste en résidence à Bram pour un travail original avec d'autres femmes, lui-aussi destiné à une exposition, cette fois plus intimiste.

C'est ce second volet du projet qui va prendre forme au sein même de la maison des Essars : Sylvie Romieu, artiste-plasticienne est sélectionnée pour réaliser avec ces bramaises des autoportraits.

Durant quatre mois, chacune d'elle se retrouve ainsi avec l'artiste ou en groupe. Les autoportraits sont déclenchés dans un lieu chargé d’histoire personnelle et chaque femme est entourée d’objets qui lui sont chers. Le résultat est ensuite travaillé au format très original qui fait la patte de l'artiste.

De son côté, Sylvie Romieu propose elle-aussi une série de clichés qui traduisent son propre regard sur ces femmes ...

Les deux volets du projet "vivre! femme à Bram" se sont en permanence "reliés" par des rencontres entre les femmes et les jeunes participants. L'occasion notamment pour Sylvie Romieu d'expliquer sa démarche artistique et de guider les jeunes photographes en herbe dans leur propre projet.

un projet et des expositions qui ont eux-aussi étonné les nombreux bramais qui ont pu les découvrir : dans les rues de la ville, en maxi-format suspendu au-dessus de leurs têtes ou sur les murs des halles Claude Nougaro ... à la maison des Essars, dans un format plus réduit, avec une plastique propre à l'artiste et dans une ambiance bien plus intime.